No man’s land

À Calais, près de 65km de barbelés et de clôtures dentellent la ville.  Depuis les Accords du Touquet signés en 2003, on assiste à une externalisation de la frontière Britannique sur le sol Français. L’Angleterre a versé près de 140 millions d’euros à la France pour la sécurisation de la frontière face à l’afflux de migrants dans le Pas-de Calais. Murs, clôtures, barbelés, caméras de vidéosurveillance et matériaux de détection infrarouge rendent ces 23km de frontières quasi infranchissables.

 

La ville, avec le soutien de l’État, a mis en place une politique de répression envers les centaines de migrants toujours présents à Calais. Les espaces verts et forêts sont systématiquement rasés pour éviter la formation de camps. Des rochers sont disposés sur les trottoirs afin d’empêcher les associations humanitaires de faire des distributions. Mais surtout, des dizaines de mètres de murs, de clôtures, et des barbelés ont fleuri partout dans la ville. Privés de certains espaces, ces dispositifs anti-migrants, touchent aussi les Calaisiens. Leur territoire en est fragmenté.

 

Je souhaite questionner les conséquences de ces dispositifs sur le paysage Calaisien, le rapport au territoire des habitants et plus globalement, l’impact de la présence migratoire à Calais depuis plus de vingt ans sur l’urbanisme de la ville.

© Paloma Laudet paloma.laudet@gmail.com
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