« Go for chance »

Comme tous les après-midi, Mohammed, soudanais de 17 ans, prend le bus pour rejoindre la zone de l’Eurotunnel. « I go for chance » est l’expression que les migrants utilisent lorsqu’ils vont errer sur les parkings à la recherche d’un véhicule pour traverser le détroit.

 

À Calais, depuis près de 20 ans, des personnes affluent d’Afrique et du Moyen- Orient dans l’espoir de commencer une nouvelle vie de l’autre côté de la Manche. Alors que le nombre de migrants présents à Calais a beaucoup diminué depuis le démantèlement de la grande jungle en 2016 (entre 800 et 1500 personnes actuellement), la politique de la ville est devenue plus répressive afin de la rendre la plus hostile possible à leur installation. Le but de cette politique est d’éviter qu’une « ville dans la ville » ne se reforme. Les terrains où s’établissent les camps, à la périphérie de la ville, sont grillagés et régulièrement évacués. La vie de ses migrants à Calais est rythmée par le passage des associations humanitaires, le démantèlent des camps et leurs tentatives désespérées de passer en Angleterre.

 

À travers le quotidien de ses habitants, Calaisiens et migrants, je souhaite raconter comment cette « ville frontière » s’organise autour de la question migratoire, constamment présente dans la vie des personnes qui y vivent.

 

Calais, est pour ses exilés, la dernière étape d’un long périple qui peine à trouver une fin.

 

Travail réalisé à Calais, depuis mars 2020.

Les prénoms avec * ont été modifiés.

© Paloma Laudet paloma.laudet@gmail.com
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